UNESCO support to journalists in Ukraine

Histoire

Le soutien de l’UNESCO aux journalistes en Ukraine a un impact sur le terrain

Depuis que la guerre en Ukraine a éclaté en février, l'UNESCO a travaillé en étroite collaboration avec ses organisations partenaires et les associations de journalistes en Ukraine pour identifier les besoins sur le terrain et apporter son soutien.

Évaluer l'impact des mesures que l'UNESCO a déjà prises, notamment en soutenant la mise en place d'une ligne d'assistance téléphonique pour les journalistes en difficulté, en traduisant un manuel sur la sécurité des journalistes et en proposant des équipements de protection et des formations, tel était l'objet de la mission d'une équipe de deux experts de l'UNESCO, Guilherme Canela et Saorla McCabe, à Lviv, en Ukraine, les 21 et 22 avril. La mission avait également pour but d'évaluer les besoins des journalistes en Ukraine et de suggérer des moyens d'y répondre.

Avec plus de 5 000 journalistes accrédités pour couvrir les lignes de front - dont beaucoup sans expérience préalable du reportage dans des situations hostiles - la formation sur le reportage dans des environnements à haut risque, le journalisme traumatique et le soutien psychosocial, ainsi que la fourniture supplémentaire d'équipements de sécurité, ont constitué une priorité importante pour la mission de l'UNESCO.

La mission a également été l'occasion pour l'UNESCO d'échanger avec les partenaires nationaux et internationaux avec lesquels l’organisation s'est associée pour apporter une réponse d'urgence afin de soutenir les médias indépendants dans le pays depuis le début de la guerre.

Équipement de protection pour les journalistes et les fixeurs

À l’occasion d'un événement organisé au Centre pour la liberté de la presse, l'UNESCO a remis un ensemble de gilets pare-balles et de casques à l'Union nationale des journalistes d'Ukraine (NUJU). Les premiers gilets ont été remis aux journalistes des services d'information des chaînes de télévision « Ukraïna » et « Ukraïna24 ». Les fixeurs, pigistes et indépendants locaux, qui se trouvent souvent dans une position plus vulnérable, ont également figuré parmi les bénéficiaires de ces équipements de sécurité.

Alisa Koverda, fixeuse pour les journalistes étrangers et interprète locale, souligne la nécessité d’inclure les fixeurs dans la réflexion sur la sécurité des journalistes.

La mission de l'UNESCO a également visité le nouveau Centre de solidarité des journalistes ouvert par la NUJU en avril pour aider les journalistes à poursuivre leur travail pendant la guerre. Le centre, qui peut être utilisé comme salle de rédaction, proposera également des cours de formation ainsi que des équipements et une aide financière aux journalistes qui ont dû être évacués d'autres régions d'Ukraine.

L'information est l'arme la plus puissante de cette guerre. C'est pourquoi il est primordial que les journalistes en première ligne soient protégés autant que possible. Pour nous qui faisons partie des équipes journalistiques en tant que fixeurs et interprètes locaux, aidant les journalistes à comprendre le contexte de cette guerre, nous trouvons que notre travail est valorisé par ce type de protection.
Alisa Koverda Fixeuse pour les journalistes étrangers et interprète locale

La formation au reportage dans des environnements à haut risque est essentielle

Les cours de formation intégreront des ressources de l'UNESCO telles que le Guide de sécurité pour les journalistes, manuel de référence conçu par RSF en partenariat avec l’UNESCO à l’intention des reporters dans les environnements à hauts risques, qui a récemment été traduit en ukrainien. Deux centres similaires ont ouvert à Ivano-Frankivsk et à Tchernivtsi.

Des centaines de journalistes ont besoin de soutien

Sergiy Tomilenko, Président de la NUJU, a souligné que des centaines de journalistes ukrainiens sont aujourd'hui en difficulté et ont besoin de soutien.

« Chaque jour, nous recevons des dizaines de demandes de la part de collègues, notamment d’équipements de sécurité, d’aide humanitaire et de soutien organisationnel pour ceux qui ont dû être évacués. La contribution de l'UNESCO à la sécurité des journalistes est importante », dit Tomilenko.

« Les équipements de protection pour les journalistes en Ukraine sont extrêmement importants, car il est désormais très difficile d'acheter un gilet pare-balles ou un casque en Ukraine par ses propres moyens » déclare Andrii Ianitskyi, journaliste ukrainien à Espreso.TV. « Les équipements de protection sont avant tout destinés aux soldats sur le front. Il est donc tout simplement difficile d’en acheter en Ukraine ou même dans les pays voisins. » La deuxième difficulté, c’est le prix, dit-il. « Un bon ensemble de protection coûte au moins 1 000 euros. Souvent, en Ukraine, les journalistes perçoivent un salaire mensuel inférieur. C'est pourquoi l'aide de l'UNESCO est si précieuse. »

La ligne d’assistance téléphonique a fait ses preuves

L'une des demandes immédiates des journalistes ukrainiens a été de soutenir la mise en place d'une ligne d'assistance téléphonique pour les journalistes en difficulté. Celle-ci a déjà fait ses preuves avec plus de 100 appels au cours de ses premiers jours de fonctionnement.

La NUJU a fait part à l'UNESCO de deux incidents au cours desquels la ligne d'assistance a réussi à aider des journalistes en grande difficulté. Il s’agissait de correspondants étrangers, ainsi que du rédacteur en chef d'un journal local.

Le premier cas concernait une équipe de télévision d'une chaîne arabo-britannique, assiégée pendant 4 jours au début du mois de mars près de la ville d'Irpin, qui ne pouvait pas en sortir. Grâce à la coordination du personnel de la ligne d'assistance et de la NUJU, l'équipe de télévision a pu échapper au siège, accompagnée d'un groupe de civils qui leur est venu en aide pour évacuer Irpin.

Au cours d'un deuxième incident, le rédacteur d'un journal local de la région de Kharkiv a dû fuir les bombardements ciblés sur sa ville. Le rédacteur a estimé que sa vie et celle de sa famille seraient menacées s'il restait plus longtemps et il a appelé la ligne d'assistance pour obtenir de l'aide. Cette évacuation a été coordonnée étape par étape par la ligne d'assistance, qui l’a conseillé sur les itinéraires à suivre pour trouver des endroits où dormir sur la route, chercher du carburant et trouver un logement en Ukraine occidentale après l'évacuation. Le rédacteur est maintenant basé dans la région de Lviv et a repris son activité de journaliste.

Le Centre pour la liberté de la presse, géré conjointement par Reporters sans frontières (RSF) et l'ONG ukrainienne Institute of Mass Information (IMI), a reçu le soutien financier de l'UNESCO. Situé dans le centre de Lviv, il sert de centre de ressources pour les journalistes qui recherchent une aide financière ou psychologique, ainsi que de centre logistique.

Les experts de l'UNESCO ont également pu visiter le Centre de presse de Lviv, un projet récent du Forum des médias de Lviv. Le centre, qui offre actuellement un abri à 60 journalistes depuis le début de la guerre, prévoit également de créer un grand espace de co-working et de mise en réseau pour les journalistes en ligne.

La protection de la sécurité des journalistes est une priorité pour l'UNESCO

S'adressant à un public de journalistes au Centre pour la liberté de la presse, Guilherme Canela, Responsable de la Section Liberté d’expression et Sécurité des journalistes de l'UNESCO, a inauguré l'événement en exprimant la solidarité de l'UNESCO envers la communauté des médias couvrant la guerre et a souligné les énormes défis auxquels ils sont confrontés. Il a également exprimé l'hommage de l'UNESCO à ceux qui ont déjà perdu la vie depuis le début de la guerre.

Il a fait référence au Comité du prix Nobel de la paix qui a déclaré que « la liberté d’expression et la liberté d'information contribuent à garantir l’information du public ». Ces droits sont des conditions préalables essentielles à la démocratie et protègent contre la guerre et les conflits. C'est pourquoi, a conclu M. Canela, « la protection de la sécurité des journalistes qui couvrent la guerre et les conflits est une priorité pour l'UNESCO ».

Les journalistes auront besoin d’un soutien financier

Les professionnels des médias et les acteurs de la société civile que l'UNESCO a rencontrés ont souligné la nécessité de soutenir les journalistes qui ont dû se déplacer, notamment en termes de location de bureaux et d'équipement. La résolution des problèmes financiers rencontrés par les médias en l'absence de revenus publicitaires a été identifiée comme l'une des priorités les plus urgentes.

Sergiy Tomilenko, Président de l'Union nationale des journalistes d'Ukraine, s'inquiète de la viabilité économique des médias dans son pays.

Nous appelons la communauté internationale à mettre également en place des programmes de stabilité économique pour tous les journalistes ukrainiens. En particulier, des programmes de financement des salaires des journalistes qui contribueraient à soutenir leurs activités professionnelles et leur permettraient de rester dans la profession.
Sergiy Tomilenko Président de l'Union nationale des journalistes d'Ukraine (NUJU)

Ces activités en Ukraine s'inscrivent toutes dans le cadre du mandat de l'UNESCO visant à promouvoir la libre circulation de l'information par le mot et par l'image. Elles ont été rendues possibles grâce au soutien du Programme multidonateurs pour la liberté d’expression et la sécurité des journalistes de l'UNESCO, mais aussi du budget habituel du Programme international pour le développement de la communication et du Fonds mondial pour la défense des médias.

En savoir plus sur la réponse de l'UNESCO pour soutenir les journalistes et les médias en Ukraine